Premier almanach : Benjamin Banneker (1731-1806)

Un inventeur méconnu…

Parmi ses nombreuses inventions,
l’élaboration d’un almanach -ancêtre du bulletin météorologique-

Et la première pendule entièrement fabriquée aux E.-U.,
qui sonnera l’heure, à l’heure, pendant 40 ans…

Fils d’une famille de Noirs libres, qui cultivaient d’excellents tabacs, Banneker est né près d’une ville appelée « Bannaky Springs ». Sa grand’mère lui apprend à lire en se servant de la Bible comme seul livre d’enseignement. À 15 ans, il quitte l’école pour garçons, érigée par un instituteur quaker, pour s’occuper de la ferme familiale. En 1752, à 21 ans, sa vie prend un autre tournant lorsqu’un certain Joseph Levi lui offre sa montre de poche. Bien qu’ayant une connaissance élémentaire de l’écriture et du calcul arithmétique, Banneker n’a de cesse d’en comprendre le fonctionnement … et de fabriquer sa propre pendule, la première à sonner l’heure, entièrement fabriquée en Amérique, et qui sonnera l’heure, à l’heure, pendant quarante années. Ses connaissances lui permettent de réparer des pendules, des horloges, des cadrans solaires. Admiratifs, des scientifiques lui prêtent des ouvrages sur l’astronomie et les mathématiques ainsi que des instruments d’observation des étoiles : Banneker construira, dans sa ferme du Maryland, une cabine percée d’une lucarne pour étudier les étoiles et faire des calculs. C’est ainsi que cet autodidacte arrive à prédire avec succès, et contre l’avis d’éminents savants de l’époque, l’éclipse solaire du 14 avril 1789. Banneker s’adonne aussi à l’écriture : des essais abolitionnistes pour répondre aux idées racistes en cours. À une lettre qu’il adresse personnellement en 1791 à Thomas Jefferson, alors secrétaire d’État, il joint un almanach de sa création –ancêtre du bulletin météorologique- qu’il a élaboré à partir de la compilation des résultats de ses observations. C’est vers cette époque également que, recommandé par Jefferson, il sera le premier Africain à être engagé par un président, Washington, dans l’équipe de géomètres experts chargée d’aménager le District de Columbia, Washington, D.C. Banneker épargnera ainsi au Gouvernement américain des dépenses supplémentaires lorsqu’il redessinera les plans de mémoire, l’architecte Pierre Charles L’Enfant, renvoyé, ayant emporté les dossiers avec lui.

Reconnu par les scientifiques de son temps, applaudi par tous les membres de l’Académie des Sciences de France, inscrit dans les registres parlementaires par William Pitt, Premier ministre de Grande-Bretagne, celui dont on dit qu’il est le premier scientifique noir meurt le dimanche 26 octobre 1806. Trois jours après son décès, Benjamin Banneker fera l’objet d’un éloge dans un article du Federal Gazette et du Baltimore Daily Advertiser, ce qui n’était pas peu pour l’époque.

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Jefferson, qui relatait à Condorcet, Secrétaire de l’Académie des Sciences à Paris et membre de la Société philanthropique, les prodigieuses réalisations de Banneker, employait ces termes : Grâce à lui, j’ai eu des réponses très intelligentes à des problèmes de géométrie. Et à Banneker, il écrivait : J’ai pris la liberté d’envoyer votre almanach à monsieur de Condorcet…, puisque je le considère comme un document auquel les hommes de couleur peuvent se référer pour se défaire des effets des préjugés qu’on a à leur égard.

Sources :

Yves Antoine, Inventeurs et savants noirs, Paris, éd. L’Harmattan.
Paul Fehmiu Brown, Oumar Dioume, Inventeurs et héros noirs, Québec, éd. 5 Continents
www.associationarchive.com – R.-L. Parfait Etilé. Ingénieur. Egyptologue.

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